dimanche 8 juillet 2018

Comment comprendre la peinture de François de Asis ?


« Je compris que ce n'est pas le monde physique seul qui diffère de l'aspect sous lequel nous le voyons; que toute réalité est peut-être aussi dissemblable de celle que nous croyons percevoir directement et que nous composons à l'aide d'idées qui ne se montrent pas mais sont agissantes, de même que les arbres, le soleil et le ciel ne seraient pas tels que nous les voyons, s'ils étaient connus par des êtres ayant des yeux autrement constitués que les nôtres, ou bien possédant pour cette besogne des organes autres que des yeux et qui donneraient des arbres, du ciel et du soleil des équivalents mais non visuels. » Marcel Proust, Le Côté de Guermantes

Samedi 7 juillet le musée Edgar Mélik de Cabriès a été le théâtre d'une rencontre mémorable autour d'un livre sorti en avril 2018, aux Editions ORIZONS, rencontre organisée par Vincent Bercker, commissaire de l'exposition, "Chemins" (au musée du 15 juin au 30 septembre 2018, tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h, sauf lundi et mardi).

Couverture du livre (source : Orizons Editions)
Guy Vincent (source : Orizons Editions)




















             En présence Daniel Cohen, fondateur de cette Maison d'éditions qui fête ses 10 ans d'existence - un catalogue très riche et diversifié -  de l'auteur Guy Vincent (traducteur en 8 volumes de la célèbre épopée, Mahâbhârata) et du peintre François de Asis.

Ce livre est né d'un dialogue prolongé entre le peintre et l'écrivain pour comprendre ce qu'est la beauté selon cet artiste, ou plutôt comment il l'approche au moyen d'une démarche forcément très personnelle. En effet, la beauté n'est pas une idée générale mais chaque créateur perçoit le monde à sa manière et le donne à voir au travers de ses propres créations, qui sont comme autant d'échos de sa propre vision.
Pour Guy Vincent, ce livre est donc un traité d'esthétique, mais à la différence de la démarche philosophique du type de Kant ou Hegel, il s'agit plutôt d'un traité d'UNE esthétique, car il ne saurait être question d'universaliser le beau qui est affaire de créativité personnelle.

La première partie de l'intervention de Guy Vincent explique comment l'écriture du livre est née d'un dialogue de plusieurs mois où l'artiste prend la figure du "maître" et l'écrivain celle du "disciple". Ce n'est donc pas l'écrivain-philosophe qui dit ce qu'est l'art et le beau (il n'en a pas le savoir producteur) mais le peintre qui s'efforce de communiquer ce savoir non verbal qu'il n'a même pas l'habitude d'exprimer pour lui-même. L'auteur nous a bien fait comprendre qu'il s'agissait d'un rapport socratique en ce sens que le peintre est en possession d'un non-savoir verbal et que l'écrivain est dans la non possession du savoir verbal du processus qui aboutit à ce qu'il est convenu d'appeler "oeuvre d'art".
On peut dire que Guy Vincent a réussi son pari. Tout d'abord le sous-titre "Dessiner au musée" prend tout son sens. Quand François de Asis divague dans le Louvre il s'agit d'une démarche très personnelle qui n'a rien à voir avec l'admiration béate du grand public. Son regard se fixe moins sur la Beauté des chefs d'oeuvre que sur les détails insolites et inattendus qui donnent à une oeuvre, souvent discrète et anonyme, une fulgurance de vie, sa singularité qui n'a rien à voir avec la célébrité. Par exemple le dessin d'un poisson ou le vol d'un oiseau issus de cultures différentes et périphériques (Dans le livre ces détails qui animent soudainement une dizaine d'oeuvres sont reproduits). On voit que ce rapport est passé par la crise de l'institution-musée , et sans aller aussi loin que les surréalistes iconoclastes, l'usage du musée est absolument intime (on pense à la réflexion de Georges Duthuit, le muséoclaste).

 Daniel Cohen, Guy Vicent et François de Ais devant la grande Fresque d'Edgar Mélik (source : R. Mackie)

Mais la question de l'art (pourquoi faire ce types d'objets?) renvoie au réel (c'est lui qui doit répondre de ce besoin d'art qui caractérise notre espèce biologique douée de conscience - il va être souvent question de ce cerveau qui organise et simplifie notre perception de l'espace et des choses).
La question devient celle de notre rapport à la réalité, à cet ensemble de choses qui préexistent à notre regard. Mais l'auteur préfère parler "de ce qui est" (le Dasein heideggerien?). Ce que privilégie le peintre François de Asis est la sensation, et non l'émotion dont la gamme est subjective et restreinte (huit sont identifiées par les neurosciences). Guy Vincent nous met en garde, en tant que traducteur, contre les fausses variantes (ni sensualité, ni surtout ce terme usé de sensibilité). La sensation est un rapport ni objective ni subjective, mais un entre-deux. On voit que ce terme engage la dualité qui traverse l'histoire de l'esthétique (l'art est-il expression ou forme ?). La sensation est un surgissement, et atteste que le réel est foncièrement "événement". François de Asis prend comme exemple ses séjours à Venise, au petit matin, quand la foule n'est pas là, dans le silence des balayeurs de la place Saint-Marc. Soudain, les premiers rayons touchent la façade du Palais des Doges et quelque chose se produit, une manière de voir, et surtout l'objet se manifeste comme il l'entend et comme on ne l'avait pas encore vu. C'est le paysage urbain, dans ce  cas, qui a pris l'initiative. Et en ce sens on comprend mieux le témoignage du peintre qui parle de sa "soumission" au motif, qui est à ses yeux la clef de son art de peindre. Cette exigence, à une époque de toute-puissance de l'homme et de la technique, lui a été souvent reprochée.
Mais l'artiste n'est pas seulement un contemplatif, il se fait, dans le même mouvement producteur de signes colorés sur une toile. Ce passage de la sensation "passive" à l'activité plastique est le secret qui fait de l'homme un peintre. On sait que François de Asis a eu un maître, un peintre et théoricien de la peinture, André Lhote. En 1920, dans un article des la NRF, "L'enseignement de Cézanne" il inventa l'expression "analogie plastique" pour désigner ce rapport si particulier entre le réel et le tableau, rapport qui n'est pas une copie, pas une expression gratuite mais une transposition du réel par signes visuels.
André Lhote (1885-1962;  photo : Edmond Boissonnet)

On comprend le deuxième sous-titre du livre : "peindre sur le Motif". Après ce processus inexpliqué on aboutit à l'autonomie de l'oeuvre d'art. Nous sommes face à un tableau de François de Asis, que voyons-nous vraiment? Une question de la salle permet au peintre de s'expliquer sur le rôle du format et de la distance du "regardeur" (terme de Marcel Duchamp). Il semble bien que les petits formats (voir la série de la cathédrale Saint-Sauveur, galerie Vincent Bercker, Aix-en-Provence) "donnent lieu" (indication de passivité non calculée par le peintre) à un motif plus figuratif que les grands formats de paysage exposés au musée de Cabriès. Quant à la distance qui permet de voir, François de Asis confirme ce fait : trop près on ne distingue rien, trop loin non plus. Il y a une "vraie" distance qui rend reconnaissable la "figure" urbaine (Palais des Doges ou le clocher de Saint-Sauveur) ou le "paysage naturel", autre figure possible.  Tout l'enjeu est l'acceptabilité de la peinture de François de Asis. Pour certains elle est trop abstraite, pour d'autres elle est trop figurative ! En un mot, cette peinture est-elle difficile, sous-entendre à apprécier et à comprendre ?

François de Asis et l'historien d'art Claude Massu devant les séries du Palais Ducal de Venise (Photo : R. Mackie)

Ce mécanisme visuel à partir de la toile est bien expliqué par Guy Vincent. Puisque "ce qui est" peut produire une "sensation" et que le peintre peut produire une "surface colorée", la toile est couverte de traits colorés  qui "d'un coup" s'organiseront pour donner à voir "un tronc d'arbre", une "haie traversée par la lumière", un "lac" ou un "élément d'architecture". La surface ne dessine rien, elle est un lieu de dispersion ou d' "exfoliation" selon le terme technique sur lequel l'artiste et l'écrivain se sont mis d'accord. En raison de la croissance ou de la poussée du tronc de l'arbre l'écorce se fragmente en petite plaques de bois qui tombent les unes après les autres (il suffit de regarder sur le tronc d'un platane par exemple). Ce terme désignera un processus analogique (on retrouve André Lhote) qui explique de quoi est réellement faite la surface de la toile pour les yeux avant toute intention d'identifier ce qui est représenté. D'où les réactions naturelles :  "on ne distingue rien, c'est trop abstrait".


Pourtant il y a toujours quelque chose sur la toile qui renvoie au concret le plus exact, mais à travers la traduction picturale.

Cet entre-deux identifie le sujet du tableau sans qu'il y ait ressemblance : "Oui, bien sûr, c'est ça!".
La peinture de François de Asis est-elle un monde platonicien qui nous invite à aller au-delà des apparences - de la toile ? Guy Vincent nous explique rapidement l'allégorie de la caverne. Les hommes sont enchaînés face au mur d'une caverne profonde, ils ne voient que des ombres projetées, et quand l'un d'eux sort, il comprend que ce qu'il a pris pour la réalité n'était au fond qu'un système d'apparences. Après tout, la peinture s'est toujours présentée comme plus "vraie" que la réalité, alors que le commun des mortels trouve qu'elle est une fiction ressemblante. Justement, la peinture de François de Asis est "moderne" au sens de Baudelaire (elle traduit notre époque, et aucune autre) parce qu'elle tourne le dos à la ressemblance (à la mimesis de l'Antiquité et de la Renaissance), elle est abstraite, au premier contact - faux contact - et devient de manière très poétique un signe reconnaissable.
L'écrivain et le peintre se sont mis d'accord sur un terme d'origine grec : anagnosis (ana : processus de passage et gnosis, savoir). Comme le tableau de François de Asis ne devient jamais ressemblant et qu'il tente de nous restituer une "sensation" nouvelle, il faut éviter de parler de "reconnaissance".
Guy Vincent termine son exposé avec trois remarques philosophiques :

1) La recherche d'une esthétique propre à l'oeuvre de François de Asis correspond à la démarche plus large de son ami le poète Yves Bonnefoy (1923-2016) qui a été titulaire de la chaire de poétique au Collège de France. Comment comprendre en quoi consiste la fonction poétique du langage ? A quoi correspond la fonction poétique de l'image picturale ?

Yves Bonnefoy
2) Si la beauté est de ce monde, si elle doit être découverte dans la sensation du paysage, naturel ou urbain, alors la peinture de François de Asis appartiendrait au courant anti-platonicien dominant au XX° siècle (thèse d'Alain Badiou : voir son Petit manuel d'inesthétique, 1998). La beauté n'est pas un idéal à rechercher en se détournant peu à peu des apparences, mais c'est dans l'apparence elle-même que se trouve le fait esthétique. Quant au paysage, il reste un enjeu très actuel pour humain du XXI° siècle comme l'explique très bien François Jullien dans Vivre du paysage ou L'impensé de la Raison (2014). Deux civilisations ont su inventer l'expérience du paysage, la Chine ancienne et l'Europe renaissante, l'une par l'absorption de l'homme dans le paysage, l'autre par la maîtrise des choses grâce à la perspective traitée comme forme symbolique (Panofsky, 1927). La peinture telle que la comprend François de Asis est-elle une issue pour échapper à la déshumanisation du monde et de l'âme ?

3) Le plus surprenant de tout aura été l'interprétation très personnelle du mythe d'Orphée. Quand le musicien remonte du royaume des morts suivi d'Eurydice, il se retourne pour s'emparer du secret de la vie immortelle et perd instantanément celle qu'il aimait. En quoi l'erreur d'Orphée concerne-t-elle l'attitude du peintre ? L'artiste doit absolument éviter de croire que l'apparition du beau dans les choses pourrait être enfermée dans une formule, un exercice de style. Le beau reste une "trace mortelle" dans les choses, et l'artiste doit l'accepter. Sinon, il se condamne à la répétition ou à la perfection formelle.
On repense au combat d'un autre aixois, G. Duthuit contre le musée imaginaire de Malraux, ce lieu où les hommes croient échapper à la précarité, à la mort grâce aux oeuvres d'art intemporelles à la Beauté inaccessible. Or, ce que G. Duthuit a toujours préféré dans les oeuvres qu'il aimait c'est "un fragile équilibre entre présence et dispersion, une sorte d'instabilité qui, à ses yeux, les rendait perméables au monde vivant environnant." (Rémi Labrusse). L'enjeu de la peinture serait moins l'espace que le temps. La toile est devenue une surface sans illusion optique, aucun trait continu mais de longues touches colorées et directionnelles, et surtout le vide blanc des écarts. Mais l'oeil opère ses synthèses et fait apparaître des détails concrets. La surface n'impose rien, elle a sa propre vie intime qu'elle nous communique. Elle vit de cette instabilité qui engendre une sorte de temporalité visuelle.

     François de Asis a réussi ce petit miracle esthétique de corréler la vision, non à l'espace (la peinture comme fenêtre ouverte depuis Alberti), mais au temps.



La soirée s'est terminée sur la terrasse que Mélik avait fait construite, au-dessus de son atelier.

L'Atelier de Mélik et son piano rouge (Photo : R. Hale)
L'entretien a été enregistré par la municipalité de Cabriès et sera visible au musée.
Les deux prochains rendez-vous à ne pas manquer :


Samedi 25 Août à 18 h
Carnet de voyage, Livres d’artiste
Présentation par François de Asis
Avec la participation des Éditions Fata Morgana,
des Éditions À l’Atelier et de l’Imprimerie Paul Roubaud
à Aix-en-Provence.
En présence des auteurs et des artistes ayant contribué
à l’édition de ces ouvrages.
Suivi d’une visite guidée et commentée de l’exposition par l’artiste.

Samedi 22 septembre à 18 h
Réflexions autour de l’exposition :
François de Asis , Chemins.
Questions-Réponses entre
Claude Massu, Historien de l’art le peintre François de Asis
Suivi d’un large débat avec le public et les amis de l’artiste.
Cette rencontre se terminera par une visite-clôture de l’exposition
avec les organisateurs et responsables de tous les événements. 


                                 O. Arnaud (secrétaire de l'Association des Amis du musée Edgar Mélik, Cabriès)

jeudi 5 juillet 2018

Mélik et Rimbaud

                L'Art serait bien ennuyeux s'il ne reposait que sur des certitudes. Si la pénurie de commentaires laissés par Mélik sur sa propre peinture laisse souvent l'amateur à ses interrogations, elle ouvre d'autant plus le champ des hypothèses. Ainsi ce tableau, dont on peut supputer la réalisation dans les années 50 :
On y retrouve des thèmes chers à Mélik : un cheval, un arrière-plan bleuté liquide, des personnages allongés et un homme avec chapeau sur une berge. L'amateur de poésie se sent en terrain connu. Les mots ne sont pas loin de ce tableau fluvial et équestre. Le cheval semble harnaché, comme s'il "halait" quelque chose. Ces corps semblent flotter "à reculons". Et surtout, le personnage de premier plan nous rappelle un dessin à la plume, effectué non par Mélik mais par... Verlaine.
"Le bateau Ivre", écrit par Arthur Rimbaud à la fin de l'été 1871 a sans doute servi d'inspiration à Mélik. On y retrouve les "fleuves impassibles" et les "haleurs" (pour remonter le courant fluvial, on attelait les bateaux à des chevaux sur chaque rive).
"Quand avec les haleurs ont fini ces tapages
Les fleuves m'ont laissé descendre où je voulais"
Les corps allongés dans les "bleuités" de ces fleuves "rouleurs éternels de victimes"sont abandonnés au courant des fleuves, puis de la Mer. Les analogies chromatiques sont de même frappantes (azur, vert, bleuités, rousseurs, sans parler de "l’éveil jaune et bleu" ) :
 
"Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !"

       Nul doute que Mélik avait en tête le poème de Rimbaud (qu'il déclarait aimer, contrairement à Lautréamont qu'il trouvait "répugnant") quand il a fait ce tableau, mais aussi le dessin de Verlaine : même couvre-chef, mêmes cheveux, même attitude de marche, et peut-être aussi une tache rousse qui pourrait bien ressembler à la pipe dessinée par Verlaine (et que l'on retrouve dans d'autres dessins de Rimbaud exécutés par le poète saturnien). Seule licence, Mélik a "retourné" le profil du poète, orienté vers la gauche du tableau, alors que le Rimbaud de Verlaine se tournait vers la droite (inversé ici afin de mieux souligner l'analogie graphique). Ici, tous les éléments plastiques semblent faire allégeance à la figure du poète. Noyés et cheval sont orientés vers l'Homme aux semelles de vent comme pour lui rendre hommage. Car c'est bien d'hommage qu'il s'agit. De même qu'il avait fait un portrait de Van Gogh, Edgar Mélik célèbre ici un de ses poètes préférés. Non pas en se contentant d'en faire le portrait, mais en le plaçant dans une intertextualité plastique et poétique cohérente.
Avec une nuance cependant, et non des moindres. Si le Bateau Ivre s'achève sur un constat d'échec (le navire n'est qu'un jouet qu'un enfant fait flotter sur une flaque d'eau), Mélik clame le triomphe de l'art. Le doute a fini par éteindre prématurément la voix de Rimbaud. Mélik a continué à "chanter son chant", comme il l'écrit lui-même...

JM Pontier

lundi 2 juillet 2018

EVENEMENTS AUTOUR DE FRANCOIS DE ASIS, Vernissage le 5 juillet (Aix) - Rencontre le 7 juillet (Cabriès)


Durant tout l'été 2018 la musée Edgar Mélik accueille une lumineuse exposition "CHEMINS" consacrée au peintre aixois François de Asis.
Le musée est ouvert tous les jours (sauf le lundi et mardi), de 10h à 12h et de 14h à 18h. 
Entrée 5 €, gratuit en dessous de 12 ans (Entrée libre pour les habitants de la Commune).
Se garer facilement au parc Mélik, en bas des remparts et monter à pied au musée.
Contact : Château-musée Edgar Mélik, 13480 Cabriès
Tél : 04 42 22 42 81

Samedi 7 Juillet à 18 h

Présentation du livre d'artiste :
François de Asis Dessiner au Musée, peindre sur le Motif,
Guy Vincent, Orizons, Paris, 2018.
En présence de l’auteur Guy Vincent, de l’éditeur Daniel Cohen
et du peintre.
Suivi d’une visite guidée et commentée de l’exposition par l’artiste.
 



 En parallèle la galerie Vincent Bercker, 10 rue Matheron, Aix-en-Provence, présente une exposition d'été autour du thème de la cathédrale Saint-Sauveur.Le vernissage a lieu le  
Jeudi 5 juillet, à 18h30

mercredi 6 juin 2018

HOMMAGE AU PEINTRE AIXOIS, FRANCOIS DE ASIS

F. de Asis, Les Amandiers, 2017,  HST, 63 x 70 cm
            L'été au musée Edgar Mélik sera consacré à la peinture de François de Asis.
Ce peintre appartient au paysage artistique d'Aix, à la tradition sans cesse renouvelée depuis Cézanne et Leo Marchutz. La ville d'Aix a offert en 2015 trois espaces prestigieux à Fr. de Asis, l'Atelier Cézanne, la bastide du Jas de Bouffan et l'espace intérieur d'exposition de l'Office du tourisme, sous le titre : "Métamorphose du lieu, la peinture de paysage".

Grâce à la municipalité de Cabriès, du vendredi 15 juin au 30 septembre 2018 vous pourrez découvrir tout un parcours dans la peinture de cet artiste, intitulé "Chemins".

                    Vernissage SAMEDI 16 JUIN, à 18h
               (il est conseillé de se garer au parking Mélik, en contrebas du château-musée).

En avant-première, l'association des Amis du musée Edgar Mélik a invité l'artiste et le commissaire d'exposition, le galeriste Vincent Bercker. Donc, samedi 2 juin, à partir de 17h nous avons assisté à un échange très riche et convaincant entre François de Asis, Vincent Bercker et le public particulièrement attentif et réactif.
 Le thème de l'intervention de l'artiste a été un hommage à l'histoire du château-musée de Cabriès et au "mystère Mélik" pour reprendre ses propres mots.
François de Asis a su évoquer le riche passé du musée à travers deux expositions qui l'auront profondément marqué. A l'été 1999 le musée Edgar Mélik organisait une exposition avec les dessins de Matisse illustrant les poèmes de Charles d'Orléans (Editions Tériade, 1950).

L'autre exposition, été 1993,  avait été consacrée au dessin chez Giacometti, et  plus particulièrement à un livre unique de Giacometti, Paris sans fin, publié par Tériade en 1969, avec le texte du peintre-sculpteur et 150 de ses dessins.
Le mariage entre poésie et dessin/peinture sera comme une incitation pour le travail personnel de François de Asis.

Catalogues d'exposition, musée de CabrièsH. Matisse/Charles d'Orléans (1999)
A. Giacometti, dessins inédits (1993)



















Point commun à noter : Mélik a fréquenté André Lhote (1885-1962) à Paris vers 1925, quand il se tourne vers la peinture, et François de Asis fréquentera ce peintre théoricien en 1957, lequel  avait pris l'habitude, tous les étés, d'attirer ses élèves pour peindre les paysages ("L'académie aux champs"), et à partir de 1948, c'est à La Cadière d'Azur, dans le Var, qu'il prenait ses quartiers d'été.

L'escalier de l'entrée avec le tableau enseigne de l'académie André Lhote © Archives André Lhote 
André Lhote crée son académie en 1925, au 18 rue d'Odessa, près de la gare Montparnasse. Il faut imaginer le jeune peintre Mélik grimpant ses escaliers, impatient de se former. Il y trouvera "l'idée technique essentielle" (selon ses propres termes, en 1941), ce qui correspond bien à l'enseignement de Lhote, à la recherche rigoureuse des "invariants plastiques" de la peinture. André Lhote est l'inventeur d'une expression devenue célèbre : la peinture comme "métaphore plastique" (dans "L'enseignement de Cézanne", la NRf, 1919). Terme assez juste pour désigner la peinture de François de Asis que vous viendrez découvrir à Cabriès. Quant à Mélik il en dérive peut-être sa "spiritualité plastique" (1958), qui est à ses yeux le sens de sa peinture.

François de Asis a repris une expression de Mélik, "Ma peinture est une création non basée sur la réalité" pour mieux montrer que sa propre peinture est aussi une création, "mais basée sur la réalité", à travers la sensation colorée qui lui permet de recréer le réel dans son immédiateté.

F. de Asis, Sur la terrasse, la Jourdane, 2009, HST, 54 x 65 cm

 Plusieurs événements vont avoir lieu au musée pour mieux comprendre l'oeuvre de cet artiste :

Samedi 7 Juillet à 18 h

Présentation du livre :
François de Asis Dessiner au Musée, peindre sur le Motif,
Guy Vincent, Orizons, Paris, 2018.
En présence de l’auteur Guy Vincent, de l’éditeur Daniel Cohen
et du peintre.
Suivi d’une visite guidée et commentée de l’exposition par l’artiste.

Samedi 25 Août à 18 h

Carnet de voyage, Livres d’artiste
Présentation par François de Asis
Avec la participation des Éditions Fata Morgana,
des Éditions À l’Atelier et de l’Imprimerie Paul Roubaud
à Aix-en-Provence.
En présence des auteurs et des artistes ayant contribué
à l’édition de ces ouvrages.
Suivi d’une visite guidée et commentée de l’exposition par l’artiste.

Samedi 22 septembre à 18 h

Réflexions autour de l’exposition :
François de Asis , Chemins.
Questions-Réponses entre
Claude Massu, Historien de l’art le peintre François de Asis
Suivi d’un large débat avec le public et les amis de l’artiste.
Cette rencontre se terminera par une visite-clôture de l’exposition
avec les organisateurs et responsables de tous les évènements.
 
F. de Asis, Venise, le Palais ducal, 2017, HST, 50 x 61 cm


                  Parallèlement à l'exposition du musée Edgar Mélik, une exposition consacrée à un thème unique dans la peinture de François de Asis se tiendra à la galerie Vincent Bercker (Vernissage Jeudi 5 juillet à 18h 30). 


GALERIE VINCENT BERCKER
10, rue Matheron
13100 Aix-en-Provence
Tél : 04 42 21 46 84
Mail : vbercker@yahoo.fr
 
Du Mercredi 4 Juillet au Vendredi 31 Août

EXPOSITION François de Asis
La cathédrale Saint-Sauveur , Peintures

Le catalogue de l'exposition du château-musée de Cabriès est dédié à Danièle MALIS, conservateur du musée de 1980 à 2014. Il est en vente au musée (12 €).

Venez nombreux voir et échanger tout cet été!

                                  Le bureau des Amis du musée Edgar Mélik