mardi 30 juillet 2019

Peinture Mélik, 1928

  Quand Edgar Mélik est-il devenu peintre ? Comment ?  Il est né à Paris en 1904 dans une famille aisée et cultivée. Sa mère l'initie au piano, et la musique classique l'accompagnera toute sa vie, avec ce piano rouge qui trônait dans son atelier au château de Cabriès. Etudiant à la Sorbonne en Allemand et en Anglais, il maîtrise ces deux langues, fait des séjours linguistiques en Autriche et surtout découvre la culture germanique (poésie, philosophie, littérature et musique). Il s'intéresse à l'actualité littéraire puisque sa soeur, Isa Mélik, dans un entretien filmé réalisé en 1990 par Joseph Stamboulian, nous apprend qu'il venait de lire les deux volumes de Jakob Wassermann, Etzel Andergast ( 1931), dans la traduction chez Plon parue en 1932. Nous sommes à Marseille en 1932/34 (voir Stéphane Michaud, "Les avertissements d'un artiste et d'un spirituel. Wassermann et la montée des périls en Allemagne", revue Raisons politique, 2002). A Paris, il fréquentait le cercle d'Adrienne Monnier, à la librairie La Maison des Amis des livres, rue de l'Odéon. Les jeunes surréalistes André Breton et Louis Aragon en étaient des habitués depuis 1916.  Il est probable que c'est dans ce lieu si particulier (les murs étaient couverts de portraits des écrivains amis d'Adrienne Monnier comme Paul Valéry, André Gide ou Claudel et de peintures récentes - par exemple du cubiste André Lohte et du futuriste Gino Severini) qu'Edgar Mélik a pris le goût de la littérature et du surréalisme. Du reste, il se considérera jusqu'à la fin de sa vie comme un prosateur et un poète. C'est ce qu'il inscrit sur sa carte de membre de l'Académie Tiberina, de Rome (1969). En 1932, avant de quitter Paris pour gagner l'Orient via Marseille (Alexandrie, Sumatra, Bornéo, destination rapportée par son ami Joseph Rey, le curé de Cabriès), il laisse à ses soeurs un manuscrit qu'il compte bien faire éditer, un "roman" dont Isa Mélik nous a transmis le titre, Adagio cantabile. C'est une référence au deuxième mouvement de la Sonata pathétique de Beethoven (un intertexte comme très souvent chez Mélik, notamment pour ses tableaux quand il choisira de leurs donner un titre). Ce premier texte, écrit à Paris avant 1932 a peut-être disparu, mais des décennies plus tard André Breton y fera allusion devant Rouben Mélik qui le rapportera à Jean Follain (Agendas, Ed. Claire Paulhan, 1996, 1971, p. 532). Il est fort probable qu'il s'agissait d'Adagio cantabile qu'Edgar Mélik avait remis à André Breton lors d'une unique visite au maître du surréalisme (visite assez décevante selon Mélik, où il aura été question plus de littérature que de peinture).
Quoiqu'il en soit, les fragments de vie qui concernent Edgar Mélik et sa jeunesse parisienne nous laissent deviner un jeune homme passionné par la culture de son temps, y compris les avant-gardes qui étaient plus littéraires que picturales comme le futurisme et le surréalisme.

Savoir quand Mélik est devenu peintre n'a donc rien d'évident. Le tableau suivant est daté de 28, ce qui en fait le plus ancien connu. A ce titre il prend une valeur exceptionnelle.


Edgar Mélik, Groupe Femmes et Enfants, 1928, HSC, 34 x 51 cm, collection particulière

                La date de 1928 est très symbolique dans la mémoire de Mélik. Dans un texte imprimé en 1958 Edgar Mélik retrace le contexte culturel qui a vu naître sa peinture. Il fournit trois dates et il évoque les novateurs de la génération précédente qui ont constitué le socle de sa propre recherche picturale. 1900 et le début du fauvisme (Matisse, Derain, Vlaminck, Friesz).  1908 et la naissance du cubisme (Picasso, Braque). Mais à ses yeux c'est 1925 qui culmine dans l'invention, et ce pour tous les arts. Cette date est le symbole de l’École de Paris (expression inventée en 1925 par André Warnod), de la jeunesse de Mélik et du cosmopolitisme de Paris dans ce qu'il célèbrera toujours comme Montparnasse, le "cerveau du monde".
Il écrit textuellement : "Ma peinture. Elle commence en 1928. Mais en réalité, elle est déjà en formation quelques années plus tôt, c'est dire en 1925, en cette grande, extraordinaire époque de Montparnasse de 1925." (TEXTES d'Edgar MELIK, Le 1° novembre 1958, archives du musée de Cabriès). Les choses vont aller très vite. C'est en décembre 1930 qu'il exposera pour la première fois 13 toiles, 51 rue de Seine, galerie Carmine (article élogieux de Gaston Poulain dans Comoedia). 

Comment Mélik s'est-il tourné vers la peinture alors que la musique et la littérature étaient ses centres d'intérêt ? C'est dans l'entretien d'Isa Mélik en 1990 qu'on apprend que le jeune Edgar Mélik n'avait exprimé aucune forme de talent pour le dessin et la peinture avant la rencontre d'une artiste, amie de ses parents, Vartouhie TAMIRIANTZ (née en 1892 en Bulgarie, formée à Sofia, puis à Londres, avant de s'installer à Asnières tout en fréquentant le village des peintres de Cagnes-sur-Mer). Elle fit son portrait, et cette image devait révéler à Edgar Mélik la puissance mystérieuse de la représentation.
V. Tamiriantz, La porte Saint-Sébastien à Cagnes-sur-Mer, HST, 65 x 50 cm, c. 1932 (ancienne collection Guillaume Aral)

Ce fait déclencheur a dû se produire en 1928, puisque Mélik achète rapidement de quoi peintre et suivre quelques cours chez cette artiste (il fréquentera en 1929/30 les ateliers libres de Montparnasse - on payait au mois - dont les académies Ranson, André Lhote et scandinave).

           Ce tableau de 1928 est donc originaire. Il est remarquable pour comprendre la genèse de l'oeuvre de Mélik puisqu'il renferme quelques principes qui font la modernité de sa peinture pour une décennie au moins. Un groupe de femmes sans qu'on puisse parler d'une scène réelle (absence de narration). Des techniques diverses qui donnent une impression d'esquisse ou plutôt positivement une esthétique de l'inachevé (le non finito de Michel Ange, et de Rodin comme moyen d'expression). Enfin, un éclatement subtil des couleurs où domine le dynamisme du rouge, du bleu et du jaune.
L'apparence de chaos et de maladresse qu'on serait tentée d'attribuer à une débutant cache une structuration des figures dans l'espace qui fonctionne implicitement. L'image excessivement dense a un axe central occupé par deux figures massives qui s'équilibrent comme le vide et le plein ou le blanc et le rouge (dimension de l'espace et dimension de la couleur sont à égalité). C'est aussi le contraste entre la ligne noire et la tache lumineuse de la robe.



Les figures axiales ne sont pas isolées car, à l'arrière-plan, elles s'articulent autour de deux autres figures  plus petites qui ajoutent de l' "inquiétant familier" (catégorie de l'esthétique étudiée par Freud en 1919 pour ces objets familiers qui prennent soudain une allure troublante). Derrière la robe rouge, une autre femme aux cheveux noirs dont on aperçoit seulement une épaule et un bras rigide cerné de noir. A côté une sorte d'enfant-spectre au visage blanc qui fait penser à un masque.






A gauche du tableau, le principe du vide est renforcé par une figure en creux où notre perception sensible s'appuie maintenant sur quelques  traits irréguliers qui font apparaître une silhouette assise en vis-à-vis.



Le visage est assez grossier et Mélik a joué sur l'épaisseur du trait pour rendre plus lisible ce qui tend au spectral.  Si la couleur a été expulsée de la figure c'est pour faire tournoyer l'espace autour d'elle avec des taches bleues, oranges et jaunes qui n'ont plus rien d'imitatif. 
Comme un enfant-masque accompagnait le groupe central, c'est maintenant un être étrange et minuscule qui se tient contre cette figure graphique. Une tête minuscule animée par trois marques noires et deux taches colorées pour suggérer un corps et son ombre rouge feu !


A droite du tableau, Mélik explore le principe du plein quand le trait noir disparait pour faire place à la couleur. Quatre femmes à la chevelure noire  bien marquée forment un groupe plein de mouvement. Les figures debout s'opposent aux figures assises.





Une femme semble marcher sur une voie (frottis gris bordé d'une coulée bleue), et sa taille réduite indique qu'elle vient du fond du paysage. Sa robe à la ceinture rouge, aux reflets blancs purs, avec son col en V trace dans l'espace un geste rapide. Son visage de profil a des traits sévères.

Mélik affirme l'autonomie du fait pictural et s'oppose à la ressemblance : les deux jambes indiquent un mouvement brusque dans l'espace. Il n'est plus question de peindre des parties du corps mais de tracer des signes aussi lisibles (une ligne sinueuse  ou une lourde tache de blanc).

1928 ! Avec ce tableau des origines la peinture de Mélik affirme sa puissance d'autonomie picturale qu'il ne cessera de faire varier. Parfois les masses colorées pousseront le statisme et le hiératisme dans la figure humaine. D'autres fois, c'est l'espace comme principe non matériel qui lui permettra de juxtaposer des figures à peine colorées avec une fantaisie et une légèreté époustouflantes. (dynamisme). "Mélik le Peintre", comme il le fit inscrire sur un carton d'invitation pour un vernissage. On parle souvent de l'autocélébration de l'artiste d'avant-garde comme s'il s'agissait d'un orgueil psychologique. Chez Mélik il s'agissait plutôt de ne faire aucune concession à "la peinture mondaine" qui menace toujours la "sensibilité tonique". Dès 1928 Edgar Mélik affirme la peinture dérangeante parce qu'elle exprime la puissance de la couleur et du trait noir. 
"L'air que l'on respirait était tellement tonique qu'il n'y avait qu'à se laisser porter par le courant pour avoir, non pas du génie, mais des étincelles de génie;" (TEXTES d'Edgar MELIK, 1958).

           Les principes de modernité de la peinture de Mélik en 1928 vont être reconduits, par exemple avec ce dessin où dominent les ocres. L'architecture à arcades rappelle l'hôtel-Dieu de Marseille. Un homme se cache derrière pour épier le groupe des cinq femmes. A vous de retrouver la continuité et les différences entre le tableau coloré de 1928 (Paris) et ce dessin de la période ocre (Marseille, c. 1934; voir "Le Regard du Désir chez Edgar Mélik : le mythe de Galatée et Polyphème", 15 septembre 2017, sur ce blog).

 Edgar Mélik, Femmes épiées, HSC, Dessin au fusain rehaussé d'ocres, c. 1934, collection particulière


                                                                                           Olivier ARNAUD

vendredi 19 juillet 2019

Exposition Edgar Mélik, musée de Cassis

Entrée libre, mardi, mercredi, jeudi, vendredi  et samedi, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h (catalogue d'exposition en vente sur place).

Le musée de la ville de Cassis présente cet été jusqu'au 28 septembre une collection d’œuvres du peintre Edgar Mélik (1904-1976), né à Paris, formé dans les académies de Montparnasse, et qui s'installera à Marseille, puis dans le château de Cabriès, à partir de 1932. Il a emporté avec lui son goût du surréalisme, sa passion de la littérature (Rimbaud, Lautréamont, Nietzsche) et son amour de la musique classique. Tout ce bagage culturel nourrira sa peinture pendant plus de 40 ans. Vous découvrirez toutes les époques de son évolution picturale, avec sa prédilection pour le corps humain et le portrait. Une matière riche par ses couleurs (de l'ocre aux couleurs primaires) et par son épaisseur généreuse (voie ouverte par Jean Fautrier et Picabia)..
Un des tableaux les plus anciens est un paysage du village perché de Cabriès, éclairé par la lune, avec un homme au chapeau melon vu de dos (1935). Une figure de Bouddha aux couleurs ocres signe son intérêt pour l'Orient, intérêt propagé par les surréalistes et un certain Antonin Artaud.  Mélik ne déclarait-il pas en 1942 : "Né parisien et d'atavisme asiatique."


La grande salle du musée de Cassis, avec ses piliers en bois (ensemble d'une grande harmonie)
Une des toiles les plus somptueuses représente deux femmes, l'une est habillée de tissus rares, l'autre est nue et nous regarde avec ses lèvres rouges en relief, matière sortie du tube de peinture. Au sol, des chapeaux et une bouteille lapis lazuli. "La beauté sera convulsive ou ne sera pas " proclamait André Breton.
En 1954, Mélik peint une cavale multicolore dont le grand œil bleu nous fixe avec toute la force de l'humour qui intrigue. Elle rappelle furieusement la fantaisie du cheval dadaïste créé par Picasso et Cocteau pour Parade en 1917.
L'Autoportrait de Mélik présente un visage parcouru par une cicatrice, de haut en bas, une moitié vivante, l'autre morte. Semblable à certains autoportraits dessinés par Antonin Artaud, il pourrait s'inspirer d'un épisode des Contes de Maldoror, de Lautréamont, celui de la foudre qui frappe la créature sur laquelle s'acharne son Créateur.
Un tableau représente Jeanne La Pucelle introduite à Chinon et qui va reconnaître le roi Charles VII.  La scène est exactement celle où Jeanne est accompagnée par  le comte de Vendôme, grand maître de l'hôtel du roi. Mélik s'inspire d'un film de l'époque comme il s'inspirera des arts les plus divers pour créer ses propres représentations poétiques. Ainsi le mime Marceau qu'il a vu inventer Bip au théâtre du petit Montparnasse lui inspire un portrait flamboyant où on retrouvera tout le maquillage, le  visage blanc et les lèvres rouges, le chapeau d'où émerge une fleur, et un personnage en queue-de-pie vu de dos.
Dans une vitrine on peut voir un des 10 dessins qu'il réalisa rapidement au cours d'un spectacle d'Edith Piaf, bouleversé par sa voix. Il rédige plus tard, après sa mort en 1963, 10 textes émouvants sur l'artiste disparue qui hante toujours ses nuits.
Une autre femme traversera la vie de Mélik, veuve du grand écrivain Antoine de Saint Exupéry, et peintre elle-même. Le Portrait de Consuelo de Saint Exupéry a l'exubérance que tout le monde reconnaissait à cette belle jeune femme du Salvador qui avait séduit les surréalistes dans les années 1930, et dont Man Ray avait réalisé de merveilleux portraits photographiques pour sa série Congo. Elle passera aussi voir et soutenir ses amis surréalistes à Marseille en 1940, à la villa Air-Bel.
Le Portait de Consuelo (1950) exprime toute cette vitalité et Mélik a incorporé les propres cheveux de la jeune femme dans une chevelure devenue rousse par la magie de la peinture.
Dans la même petite salle vous verrez un autre visage où la peinture matière fait, par endroits, plusieurs centimètres d'épaisseur. Vu de trois-quarts, la moitié du visage dans l'ombre est devenue bleue tendre. Un personnage de petite taille encadre le visage et lâche une pluie d'or. Dans un médaillon, un cœur.
 Un autre tableau évoque un univers imaginaire et chaotique avec un cheval, un corps qui dérive dans un fleuve, un buste en plâtre et sur le côté gauche un jeune homme dont le profil rappelle parfaitement le dessin de Paul Verlaine représentant Arthur Rimbaud fumant (1872). Evocation libre du Bateau ivre !
A l'étage, repères biographiques
Beaucoup d'autres tableaux vous attendent et vous interrogent. Mais laissez-vous d'abord séduire par la liberté et la fantaisie des sujets, de la matière comme des combinaisons de couleurs. 
L'exposition fournit de nombreuses informations pour cerner les sources et la vie de Mélik (une biographie succincte sur une feuille à emporter, un grand panneau avec repères biographiques, des vitrines avec de nombreuses photos et articles de presse, et une version en anglais de la bio.).

samedi 29 juin 2019

EXPOSITION "MADELEINE DINES, CHANTS TERRESTRES", Château-Musée Edgar Mélik, Cabriès


L'exposition consacrée à Madeleine Dinès (1906-1996) a été ouverte au public vendredi 28 juin.
Quelques mots de Luc Denis, neveu de Madeleine Dinès qui préside l'ADIN, association Madeleine Dinès (voir son site, madeleinedines.com)

La présence de Madeleine Dinès au château-musée de Cabriès est un hommage à une artiste qui a connu Edgar Mélik à Paris, après la guerre, et qui  aura passé plusieurs étés à peindre à Cabriès entre 1948 et 1958. La recherche sur ces deux artistes a fait émerger un ensemble de documents exceptionnels qui sont présentés dans plusieurs vitrines pour éclairer l'oeuvre et le parcours de vie de Madeleine Dinès.

Le catalogue de l'exposition (44 pages, 10 €) est un travail remarquable réalisé par les deux commissaires de l'exposition, Elodie Bouygues qui enseigne la poésie contemporaine à l'université de Besançon (spécialiste du poète Jean Follain, mari de Madeleine Dinès), et Fabienne Stahl, attachée de conservation au musée départemental Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye, et spécialiste de ce peintre.

Nous sommes immédiatement dans l'histoire d'une personnalité qui a dû, sa vie durant, affirmer sa vocation de peintre, à partir du milieu artistique de son père, Maurice Denis (1870-1943), peintre et théoricien du style nabi (aux côtés de Paul Sérusier, Odilon Redon, Pierre Bonnard, Paul-Elie Ranson) puis du milieu littéraire de son mari, Jean Follain, poète à l'écriture d'avant-garde, qu'elle épouse en 1934.
Elle se forme à Paris dans les Ateliers d'art sacré fondés en 1919 par son père et le peintre George Desvallières qu'elle admira pour son expressionnisme coloré.

 G. Desvallières (1861-1950), La Sainte Famille, HST


Elle invente sa propre voie, "un réalisme poétique et symbolique". Derrière la fidélité d'apparence aux objets du quotidien, aux visages connus ou anonymes, aux paysages, elle parvient à exprimer le sens mystérieux du réel. La critique d'art Jeanine Warnod (dont le père André Warnod, avait inventé en 1925 l'expression "École de Paris") écrira pour une exposition de Madeleine Dinès en 1983 : "Ce qui semble du réalisme n'est qu'imaginaire".


Les auteurs du catalogue évoquent bien sûr le surréalisme qui, à partir de 1924, fascina une partie de la jeunesse artistique, y compris Edgar Mélik.
Mais dès 1927 Madeleine Dinès s'interroge, sceptique : "Est-ce que le surréalisme n'est pas une erreur importante qui a vécu ?"




L'amitié solide et tendre entre Mélik et Madeleine Dinès confirme la capacité du peintre de Cabriès à  admirer et à se lier avec des femmes  très indépendantes pour leur époque, indépendantes parce que créatrices :  
Adrienne Monnier qui avait fondé en 1915 la Maison des Amis de Livres, 7 rue de l'Odéon, et qui sut transmettre la littérature moderne de ses amis écrivains (Paul Valéry, Claudel, Gide, Léon-Paul Fargue, etc.) à la jeunesse du quartier latin;

Christiane Delmas, écrivain et poète qui consacra à Mélik un roman à clé en 1962 (L'invisible tiers);

Consuelo de Saint Exupéry que Mélik connait dès 1949, et dont il défend la peinture en lui ouvrant sa galerie à Marseille (galerie Da Silva, 67 rue Saint-Ferréol), et pour laquelle il écrit un beau texte de catalogue, fait unique;

enfin, Madeleine Dinès (nom d'artiste -  inversion du patronyme - qu'elle utilise sans le  prénom pour signer ses toiles).  Leur amitié naît en 1948, et ils s'écriront jusqu'en 1962 (les lettres de Mélik sont conservées à l'IMEC, Institut Mémoires de l'édition contemporaine, Fonds Jean Follain).

Deux très beaux tableaux de paysage de Cabriès par Madeleine Dinès sont montrés pour la première fois dans le lieu qui les a vus naître. Une vue plongeante vers le Nord et la colline Saint-Martin, avec le vieux cimetière et ses cyprès. Le second, est une vue en contre-plongée du Piton de Cabriès, avec le vieux rempart et la façade Nord du château de Mélik. Ces deux tableaux, remarquables par leur composition et leur couleurs acides, se correspondent dans l'espace et désignent le point virtuel où Madeleine séjournait chez Mélik. 













                   Les liens entre les artistes forment des intrigues que la chance et la patience aident à retrouver. Comment l'association des Amis du musée Edgar Mélik a-t-elle été mise sur la trace de Madeleine Dinès ?  C'est d'abord une histoire de famille. Les archives du poète Rouben Mélik (1921-2007), cousin d'Edgar, sont déposées à l'IMEC. Séda Mélik, sa fille, est la présidente de l'association "Amis du poète  Rouben Mélik" (voir leur site). Une bibliothécaire de l'IMEC lui signale une correspondance d'Edgar Mélik sur place dans le Fonds Jean Follain. Pour obtenir une copie de ces lettres il fallait l'autorisation de l'ayant droit. C'est par ce cheminement qu’Élodie Bouygues, spécialiste du poète Jean Follain, est venue au château-musée de Cabriès nous présenter "Une amitié de peintres : Madeleine Follain et Edgar Mélik" (6 mai 2017, Texte dans Edgar Mélik, La nébuleuse artistique, 2017, Éditions du musée, Cabriès).

Madeleine Follain - nom d'artiste Dinès (Source : medeleinedines.com)


Une salle de l'exposition est consacrée aux oeuvres de Madeleine Dinès qui témoignent de son amitié pour Edgar Mélik, de ses passages à Marseille et au château de Cabriès à partir de 1948.
 


Madeleine Dinès, Portrait de Mélik, mine de plomb sur papier, 44 x 36 cm

Madeleine Dinès, La salle à manger de Mélik, encre sur papier, 36 x 47 cm

Madeleine Dinès, L'escalier du château de Cabriès, encre sur papier, 44 x 36 cm

Dans une vitrine, on découvre pour la première fois quatre portraits photographiques de Madeleine réalisés par Edgar Mélik. Les codes de la photo surréaliste construits par Man Ray (1890-1976) et Claude Cahun (1894-1954) sont utilisés par Mélik photographe (ombre, les yeux en extase ou les yeux clos, tête renversée, etc.). Le mince album rappelle les photomontages surréalistes des années 1930, en particulier "Le phénomène de l'extase" réalisé par Salvador Dali (revue Minotaure, décembre 1933).

     
                     La référence à l'univers surréaliste est latente chez Madeleine Dinès (Delvaux, Magritte), alors qu'elle est une constante de la réflexion de Mélik, et elle affleure dans sa pratique ludique. Le témoignage le plus ancien est celui de la rencontre à Paris de Mélik avec André Breton (vers 1930) dont le sujet semble avoir été la littérature plutôt que la peinture (est-ce à cette occasion que Mélik lui remet son manuscrit Adagio cantabile - titre/hommage à Beethoven ?). Ensuite Mélik déclare en 1942 : "Je côtoie le surréalisme mais je reste nietzschéen". Pour sa grande exposition personnelle à Marseille, en 1950, "Ponts coupés", Mélik invente un grand poème surréaliste qui est imprimé sur l'affiche. En 1956 Mélik réalise, avec le photographe Marcel Coen, son portrait photographique avec mise en abîme (voir sur ce blog, juillet 2018 : "La Fabrique d'une image : le photographe Marcel Coen et le peintre Edgar Mélik").
Enfin, en 1969, il signale au dos d'un tableau que celui-ci lui fut inspiré par "la grande Inconscience" (expression d'André Breton). Et, la même année, il réalise une construction symbolique avec jeu d'échec, moulage blanc de sa main et poussière sur une table ovale, un "objet d'esprit" (au sens où on parle de mot d'esprit) digne de Marcel Duchamp (pour le dossier Mélik et le surréalisme voir sur ce blog, Indices du surréalisme, 5 courts chapitres, octobre 2016).





        









Il est souvent question du "réalisme" pour désigner le courant pictural dans lequel s'inscrit l’œuvre de Madeleine Dinès. Que faut-il entendre par là ? Quelle en est la modernité ? Une certaine vision de l'évolution de l'art est centrée sur le progrès de la forme (aux dépens de la référence à l'humain). De la peinture de Cézanne, vers le cubisme, puis saut vers l'abstraction, et enfin le ready-made. Pour Jean Clair (historien de l'art, ancien conservateur du musée Picasso à Paris) ce panorama est peut-être une "idée reçue" car le courant majeur de la peinture moderne est la crise de la représentation de l'homme, avec notamment Francis Bacon et Lucian Freud (voir Identité et altérité, les figures du corps humain, pour le 100° anniversaire de la Biennale de Venise, 1995; et le catalogue d'exposition, Les Réalismes, 1919-1939, Centre Georges Pompidou, 1981). Ici l'étiquette "réalisme" risque de ne désigner que la négation de l'abstraction dont l'âge d'or se situe entre 1915 et 1925 (Malevitch, Mondrian et Kandinsky).
Madeleine Dinès arrive à la peinture un peu après cette percée de l'abstraction; elle grandit dans un milieu artistique formaliste, celui des nabis, qui rénove en profondeur la figuration de l'humain ( d'où en 1890 la célèbre définition de Maurice Denis théoricien : "Se rappeler qu'un tableau - avant d'être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote - est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.").

Abstraction ou sensibilité à l'humain ? Madeleine Dinès est précocement sensible à cet enjeu du moment pictural, notamment par son option pour l'expressionnisme - au contenu religieux -  de Georges Desvallières :"... parce qu'au milieu de ce siècle d'intellectualisme faux il est le seul qui sache faire crier son coeur(...) La peinture c'est un coeur qui pleure, c'est un coeur qui s'écrase sur la toile et le sang qui gicle partout. Desvallières tient à grand peine son coeur trop lourd, trop gonflé et avec force, avec ardeur il le frotte, il le promène sur la toile. C'est pour cela qu'il est un grand peintre." (Madeleine Dinès, Journal inédit, 1927, catalogue d'exposition, Cabriès, p. 27). 

La peinture de Madeleine Dinès ouvre sa voie au fil des salles de l'exposition de Cabriès, celle d'un réalisme révélateur du trouble humain. Elodie Bouygues, lors d'une visite guidée parle de ces tableaux-images comme autant de métaphores : "ce qui dit tout en signifiant autre chose". Devant ces petits formats de paysages sourdement étranges (avec des troncs sciés) ou des vues intimes (lits vides, vêtements en attentes sur une chaise, etc.) on comprend que l'écrivain Pierre Albert-Birot (1876-1967) ait parlé de petites "tragédies picturales" (catalogue d'exposition, Cabriès, p. 36).
L'expression la plus forte, et combien révélatrice quand on connaît son rôle dans l'histoire du surréalisme (voir ses Chemins du surréalisme, 1963, et son Max Ernst, 1971), est due au poète et critique d'art franco-américain  Patrick Waldberg (1913-1985) : derrière l'apparent réalisme de la facture et la trompeuse "traduction précise et simple", affleure en fait "un climat de suspens, d'imminence... prétexte à quelque épiphanie prête à surgir." (1983, carton d'exposition Madeleine Dinès, catalogue de Cabriès, p. 35). 

Réflexion sur son identité de femme, d'artiste et sur la fonction du regard constitutive du peintre (le plaisir/douleur de la pulsion scopique selon Freud). Comment devenir peintre entre la condition de femme, le rôle d'épouse et le statut précaire de l'artiste ? On entrevoit dans cette peinture et ses drames cachés les fragments d'une vaste histoire sociale des femmes, avec les renvois à l'écrivain anglaise Virginia Woolf (1882-1941) et son manifeste féministe, Une chambre à soi (1929) et à l'artiste allemande Paula Modersohn-Becker (1876-1907).




























Outre le portrait, le sien ou celui d'un parfait inconnu, le paysage naturel est pareillement une expression interrogative sur soi et son lien au monde. Madeleine Dinès le ressent très tôt avec intensité, et à n'en pas douter, il s'agit d'une source de son besoin de peinture. "J'ai en ce moment des fleurs à peindre devant la fenêtre qui sont belles à crier et j'en tremble." (à Jean Follain, 1932, catalogue d'exposition, Cabriès).













Finalement quel est le chiffre de ce réalisme de Madeleine Dinès ? Les échos avec les Réalismes de son temps sont multiples (Paul Delvaux, Georgia O'Keeffe, Jean Hugo, Serge Fiorio, Ferdinand Holder, ou même Edward Hopper), preuve que sa peinture s'inscrit dans un (le?) courant majeur de la peinture du XX° siècle.
Mais son secret, elle va le livrer, comme à contre-coeur, en 1981 : "Selon l'état de mes pensées ou de mes sentiments (et la bonne disposition de mes sensations), il m'arrive de remarquer certains sujets, certains objets ou paysages qui me frappent par leur capacité à exprimer mes actuelles préoccupations ou tourments et je les capte autant que cela m'est possible, comme un langage dont me sont donnés quelques mots mais je puis aussi inventer des éléments qui correspondent à ce langage." (Lettre à Mayette Saric, citée dans le catalogue, p. 36).

Peu de phrases aussi complexes réussissent à livrer le secret d'une vie de peinture. Le peintre choisit un paysage ou un objet autant que ces derniers le choisissent. Le sens est de créer un langage pictural qui fasse écho aux "tourments" de l'artiste. D'où vient ce dialogue entre moi et le monde ? Est-il une illusion, un besoin ou un fait ?
Question que l'art pose à la philosophie, et c'est Étienne Souriau qui l'a admis dans l'esthétique qu'il enseigne à la Sorbonne dès 1946. La philosophie est multiple. Elle est bien sûr présente dans ses oeuvres techniques, comme dans les créations écrites (roman, sciences, poèmes), mais aussi dans les oeuvres dont l'expression n'est pas verbale (les actes, les arts). Enfin, plus mystérieuse, il y a une présence de philosophies "implicites ou réelles, celles qui peut-être nous sont proposées par des réalités, par des choses muettes. Elles sont cryptographiques. Devant moi, une branche fleurie d'aubépine trace une arabesque blanche et noire, curieusement ciselée sur un fond de ciel bleu. Cela a-t-il un sens, une sorte de discours déchiffrable... pour le psalmiste le ciel chante la gloire de Dieu... Faut-il croire, et tenir le message pour définitivement décrypté ?" , in L'avenir de la philosophie, 1982, p. 26.

Nul doute que la peinture de Madeleine Dinès prouve que le monde nous interroge encore autant que nous le regardons, et que le message est toujours ouvert, non pas au-delà mais à côté de la peinture religieuse de Maurice Denis, le "Nabi aux belles icônes."


                 Exposition Madeleine Dinès,  au château-musée de Cabriès jusqu'au 9 novembre (Horaires: mercredi, jeudi et vendredi 14h à 18h/samedi et dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18 h).  80 toiles et dessins jamais rassemblés qui nous parlent de l'image, de la figuration et de l'humain, d'un drame intime fait de rupture et de filiation.


                               Olivier ARNAUD, secrétaire de l'association des Amis du musée EdgarMélik

























   

jeudi 27 juin 2019

Expo. Edgar MELIK à Cassis, DESTIMED-L'INFO DES DEUX RIVES, Article dans le journal en ligne, Claire CELLIER, mardi 25 juin 2019

Exposition : L’éternel Mélik à (re)découvrir au musée de Cassis jusqu’au 28 septembre

mardi 25 juin 2019
C’est à Danielle Milon, maire de Cassis, chevalier des Arts et des Lettres que revient cette initiative : accueillir Edgard Mélik dans le Musée Municipal Méditerranéen de Cassis. Lors de son intervention, elle a évoqué son immense respect pour l’artiste « dont la peinture est unique, en marge de toutes les modes. Mélik ? C’est une constante recherche de l’expression de l’humain ». L’originalité de cette exposition est d’avoir fait appel à des collectionneurs, amoureux de Mélik, qui, pour nombre d’entre eux, n’ont jamais vu leurs toiles exposées. Le musée Edgar Mélik de Cabriès a également prêté plusieurs œuvres. Résultat, cette expo conduit à d’incroyables découvertes, permet de voir des tableaux extraordinaires, dont nombreux racontent l’histoire de l’artiste à différentes étapes de sa vie. Alors qui était vraiment Mélik ?

Pour Olivier Arnaud : Un peintre en marge de toutes les modes !

                                                

Consuelo, l’épouse de Saint-Exupery a laissé Melik, qui faisait son portrait, lui couper ses cheveux qui ont ensuite été collés sur la toile (Photo C.L.)

                                               
Le mime Marceau , un grand ami de Mélik (Photo C.L.)


Pour Olivier Arnaud, professeur de Philosophie, l’incroyable vie de Mélik est un trésor de surprises. «  Edgar Mélik est né à Paris en 1904 dans une famille aisée de joailliers, la famille de sa mère est originaire de Constantinople, famille connue dans le négoce international. Celle du père est de Tabriz en Perse, famille francophile spécialisée dans l’artisanat de luxe de la joaillerie. Dans la famille de Mélik on connaissait la langue arménienne (communauté, religion) mais le français était la langue normale. Si bien que lorsque tout jeune, dans les années 1880, le père d’Edgar Mélik arrive à Paris avec ses frères, ils vont « franciser » leur nom et garder celui de Mélik. Edgar Mélik était d’ailleurs très fier de dire qu’il avait un arrière-grand-père enterré au Père Lachaise, et un grand-père naturalisé français par Napoléon III  »

Rechercher tout ce qui est novateur

Olivier Arnaud poursuit : « Tout jeune, Mélik, alors qu’il fait ses études à la Sorbonne, va découvrir ce qui l’accompagnera toute sa vie : la peinture moderne (Matisse, Picasso) et tous les courants novateurs, le surréalisme dont il inventera plus tard une forme très personnelle, mais ses sources ne s’arrêtent pas là. Les grands auteurs de la révolte le passionnent aussi (Rimbaud, Kafka et surtout Nietzsche). C’est un homme curieux de tout, et dans tous les domaines. La voix d’Édith Piaf le bouleverse ? Il réalise 10 dessins pendant un de ses concerts. Beaucoup plus tard en 1963, il écrira 10 textes poétiques pour les accompagner » Cette exposition est une chance de voir les différentes époques de cet artiste qui a fait ses premières gammes dans les ateliers de Montparnasse puis très vite inventera une forme très personnelle du surréalisme. Il a ainsi traversé le temps, les modes, avec cette force qu’il avait en lui, cette puissance qui fait que 20 ans ou 50 plus tard, un tableau de Mélik on l’identifie tout de suite.

Le pari gagné avec Consuelo de Saint-Exupéry

L’un des grands tableaux qui anime cette expo est celui de Consuelo, l’épouse de l’écrivain Antoine de Saint-Exupéry. Artiste elle-même, elle était en très bon terme avec Mélik au point de le laisser lui couper les cheveux qu’il va ensuite intégrer au grand portrait qu’il fait d’elle, autour de son visage puis les peindre ! 50 ans après, comme on peut le voir à cette exposition, la toison de Consuelo est toujours aussi pimpante et fantasque ! Et le tableau exceptionnel !

Cette fameuse « sensibilité tonique » comme il disait

En 1930, il a réalisé sa première exposition à Paris, à la galerie Carmine, rue de Seine. Il a déjà son caractère bien trempé. Et deux ans plus tard, décide de quitter Paris pour l’Orient. Mais c’est Marseille qui va devenir son port d’attache. La galerie Da Silva, qui est à l’époque « la » galerie où il faut s’exposer, lui organise une exposition en 1934, puis une autre en 1936. Il se plaît à Marseille. Les Cahiers du Sud de Jean Ballard, la troupe de théâtre de Louis Ducreux et André Roussin, font désormais partie de son univers. C’est d’ailleurs André Roussin qui, en 1934, lui fera découvrir le vieux château de Cabriès. dont il va faire son royaume. Pas de souci pour la décoration : il couvre les murs et la chapelle de fresques oniriques. Il commence par peindre des scènes de rue, le port de Marseille et quelques paysages. « Des ocres, il passera à la composition subtile des couleurs, avant de se limiter au rouge, bleu et jaune. Il attache de l’importance à la matière qui doit faire corps avec sa peinture ». Et pour cela, souligne Olivier Arnaud, « il utilise tous les supports disponibles : toile de jute, bois, fibrociment, dalle de pierre, etc.. Il est parvenu à créer un univers de figures humaines et de paysages abstraits qui d’une certaine façon expriment son expérience de la vie où se mêlent le rêve et la réalité ». Il mélange les pigments purs de couleur au blanc de zinc, et c’est l’irradiation de ses couleurs qui impressionne toujours. Mais si Mélik a su s’inspirer de toutes les formes contemporaines de l’art pour inventer ses propres formes plastiques, pendant 40 ans, il va varier les formes et les techniques. Comme un éternel recommencement.
Claire Cellier

L’Exposition Mélik au musée de Cassis est ouverte jusqu’au 28 septembre

Le Mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi, de 10h à 12h 30 et de 14h à 18h (Entrée libre)

dimanche 23 juin 2019

EXPOSITION EDGAR MELIK, MUSEE DE CASSIS, ETE 2019

Le vernissage de l'exposition Edgar Mélik au musée municipal de la ville de Cassis a eu lieu samedi 22 juin 2019 à 17h.
Une occasion unique de découvrir un ensemble d'oeuvres de Mélik provenant de collections privées et du musée de Cabriès. L'irradiation des couleurs est exceptionnelle dans ce choix qui commence avec des dessins au fusain, pour aboutir à un nombre impressionnant d'oeuvres peu connues et quelques-unes jamais montrées au public.Les photos vous montrent volontairement que quelques tableaux, sur une quarantaine à découvrir par vous-mêmes, dans un face-à-face réel.
Plusieurs vitrines présentent des documents très variés issus des archives du musée Edgar Mélik de Cabriès (photos, articles de presse, textes manuscrits de Mélik, etc.).

HORAIRES :
Mercredi, jeudi, vendredi, samedi, 10h / 12h30 et  14h/18h (entrée gratuite).


 La précédente exposition de Mélik hors les murs de son château-musée à Cabriès avait eu lieu en 2012, au centre d'art de Saint-Cyr-sur-Mer.
                                                                                   
Quelques mots de Madeleine Contino, Présidente de l'association des Amis du musée Edgar Mélik, en présence de Mme Danièle Milon, Maire de Cassis, et de Mme Lazzaro, Adjointe au Musée, au patrimoine et à la communication de Cabriès

                                                                              
Edgar Mélik,  Marine, L'Allée de la Magdeleine à Gémenos, Le Piton de Cabriès, L'Atelier idéal.


                                                                               
Edgar Mélik, L'homme au journal, Bouddha, L'homme aux pinces de crabe
                                                                        

                                                                           
Edgar Mélik, Le poète et son ange (Cocteau).


                      
                                                                              
Edgar Mélik, Autoportrait à la cicatrice





Edgar Mélik, L'Homme au journal, Bouddha.        
                                                     

                                                                       

                                                                          
Edgar Mélik, Femmes aux chapeaux, Table de jeu.
                                         
                                                                       
Edgar Mélik, Dessins au fusain, Consuelo de Saint Exupéry


 


Le document suivant est présenté dans une vitrine, et on apprend que Mélik avait été exposé à Cassis, dans la salle des Voûtes de la Mairie, en 1975, sous la responsabilité de Anne Super de Saint-Agnan (1917-2018) qui a oeuvré pour faire connaitre la peinture de Mélik dès l'exposition de 1969 au château de Saint-Pons, "40 ans de peinture évolutive", Aix-en-Provence.



Texte manuscrit de Mélik : "Ce vieux chateau, 19 avril 75, Acceptons, puisque Anne le demande, la présidence d'honneur pour Cassis, mais sans la présence, bien que cette ville et ce vrai petit port m'ont plu et continuent à me plaire, Melikedgar."