lundi 27 mai 2013

Article du « CARNET DE VOYAGE » Aix en Provence, Pays d’Aix (aixpaysdaix2013.com)

Musée Edgar Melik Exposition : Entre Orient et Occident Le Château de Cabries est désormais plus connu sous le nom de musée Edgar Mélik. Le peintre d’origine arménienne a en effet longtemps vécu dans cette imposante bâtisse médiévale. Cet été, la bâtisse médiévale accueille également un autre Mélik, le cousin et poète Rouben. Deux vies et deux œuvres guidées par la nostalgie des origines. A découvrir notamment, les dessins au fusain qu’Edith Piaf inspira à Edgar Mélik. Le musée débordera également dans le parc pour des rendez-vous, entre nature et expressions plastiques, avec des sculpteurs et des plasticiens. Date de début : 01.06.2013 à 16h30 Date de fin : 15.11.2013 à 17h00 Descriptif : Edgar Mélik*Rouben Mélik « Entre Orient et Occident ». Deux vies et deux œuvres guidées par l’âme et la nostalgie des origines. Cette exposition qui rassemble du 1er juin au 15 novembre deux membres d’une même famille. Edgar Mélik peintre et Rouben Mélik tisserand des vers, met notamment en lumière Edith Piaf, d’origine italo-marocaine, et dont Edgar Mélik a brillamment croqué les attitudes et composé sur la « Môme » de sa poétique et émouvante plume. Par ailleurs, dans le cadre de l’aide à la jeune création, cette exposition se déroulant en trois séquences. Printemps: photographies. Eté: dessins et peintures. Automne: écritures, nous avons dans la première séquence ouvert nos cimaises à Lionel Buttner qui en se promenant dans les ruines de Carthage a capturé ces instants d’éternité en les fusionnant à la lumière photographique. Horaires Eté : 10h12h/ 14h/18h. Fermé le mardi -Tarifs : 3 et 5 euros Renseignements : 04 42 22 42 81 - www.musee-melik.fr Rappelons que le vernissage aura lieu ce samedi 1° juin à 16 h 30 au Château!

lundi 29 avril 2013

Un autoportrait énigmatique, par Olivier Arnaud

Dans la série des autoportraits d’Edgar Mélik un des plus beaux par la richesse de ses couleurs est aussi un des plus douloureux. Le bleu intense du fond contraste avec la pâleur du visage et de la veste, avec ses reflets jaunes. Les cheveux roux renvoient à deux lanières de même couleur de part et d’autre du visage. Le bord du tableau coupe le portrait à la hauteur du front. Le plus étrange est une ligne qui fracture le visage du front au menton comme une pierre fendue. Les deux moitiés du visage sont différenciées par l’ombre bleue à droite et de l’oreille jaune à gauche. Le regard est intense et Mélik regarde sur sa gauche une scène, les arcades sont contractées. Si le visage est peint de face tout indique la tension du regard qui contraste avec la fermeté des mains croisées sur les poignets. Un visage fracturé est une image qui fut extrêmement célèbre en littérature, surtout grâce au surréalisme. En effet Les Chants de Maldoror de Lautréamont contiennent une vision qui rend compte de la souffrance paralysante du créateur persécuté par l’horrible Eternel. « La foudre a éclaté … elle s’est abattue sur ma fenêtre entr’ouverte, et m’a étendu sur le carreau, frappé au front… cette longue cicatrice sulfureuse ! … Je n’ai pas à remercier le Tout-Puissant de son adresse remarquable ; il a envoyé la foudre de manière à couper précisément mon visage en deux, à partir du front, endroit où la blessure a été la plus dangereuse… il a fallu que, non content d’avoir placé mon âme entre les frontières de la folie et les pensées de fureur qui tuent d’une manière lente, tu aies cru, en outre, convenable à ta majesté, après mûr examen, de faire sortir de mon front une coupe de sang !... sur la figure de Maldoror ne brillent que des reflets du cadavre. » Les chants de Maldoror (1869), Robert Laffont, 2010, p.620-622. Par le travail de Jean-Marc Pontier on sait qu’Edgar Mélik a été marqué par le surréalisme dont l’influence ne fait que grandir à partir du premier Manifeste publié par André Breton en 1924, moment où Mélik se tourne vers la peinture. En 1937 le critique Claude Marine consacre un article à la peinture d’Edgar Mélik sous le titre « Surréalisme nietzschéen » (J.M. Pontier, p. 30). Il est un lecteur passionné des Champs magnétiques d’André Breton et Philippe Soupault, dont la diffusion reste très confidentielle jusqu'à l’édition Gallimard de 1967 ( moins de 1000 exemplaires en 1920, au Sans Pareil !). Il partage l’enthousiame de ce mouvement littéraire et pictural pour Les Chants de Maldoror dont la diffusion, à la différence des Champs magnétiques, aura été considérable depuis la première Guerre Mondiale. Tous les peintres surréalistes s’approprièrent l’œuvre onirique à la suite d’André Breton. En 1938 les Œuvres complètes de Lautréamont sont consacrées par une édition avec Introduction d’André Breton et Illustrations de Victor Brauner, Oscar Dominguez, Max Ernst, René Magritte, André Masson, Matta, Joan Miro, peintres qui furent tous célébrés par André Breton dans Le surréalisme et la peinture (1928, 1941). En 1946 René Magritte illustre seul Les Chants de Maldoror (Editions de La Boétie) dont une gravure correspond à la vision d’horreur du visage fendu par la foudre. Le tableau de Mélik date de la période 1950-1955. L’image est suffisamment proche pour en déduire que la source littéraire vaut aussi pour le tableau de Mélik. Il serait intéressant de connaître l’édition que le peintre possédait à Cabriès. Quoi qu’il en soit la vision de souffrance intérioriée que cette strophe des Chants de Maldoror a inspiré à Mélik est un cas exemplaire de ce que Bachelard appelait « l’imagination créatrice ». Comme le prouve le livre de Hubert Juin, Edgar Mélik ou la peinture à la pointe du temps (1953), le peintre de Cabriès gagnerait à être reconnecté à son époque. Olivier Arnaud

lundi 18 mars 2013

Assemblée générale

L’Assemblée Générale de l'Association des Amis du musée Edgar Mélik se tiendra ce mercredi 20 mars à 14h30 au Musée Mélik, suivie d’un verre d’amitié avec Seda Mélik.

samedi 2 mars 2013

Chasse au 13'Or

Le samedi 9 mars, 14h, le Musée Edgar Mélik vous propose un parcours familial à la découverte du patrimoine de Cabriès-Calas, depuis le Musée en passant par les abris sous roches (néolithique) de la colline de Saint Martin et Calas. Un carnet de route et un bulletin de participation seront à votre disposition au Musée Mélik à partir du samedi 9 mars 14h. Le Musée invite les participants à prendre des photos ou à dessiner des esquisses tout au long de leur parcours. Une exposition des photos et dessins sera organisée au Musée Mélik à l’issue de cette grande chasse aux 13’Or. Profitez-en. On pourra se retrouver plusieurs, samedi 9 mars à 14h au Musée Mélik, pour la chasse aux 13’Or. Informez-en vos amis.

dimanche 10 février 2013

Mélik et les portraits : autres artistes

On le sait moins, mais Mélik a été portraituré par des amis artistes. En témoigne cet émouvant dessin de Stamboulian, ami de Mélik dans les années 60 :
(Dessin de décembre 1975, quelques mois avant la mort de l'artiste) Enfin, ce profil de Mélik, dont l'origine reste mystérieuse :
(collection particulière) On peut émettre quelques supputations à propos de ce beau portrait de Mélik. Ce n'est pas un autoportrait : on n'y reconnaît pas le trait incisif de Mélik et le peintre n'était certainement pas du genre à élaborer un système compliqué de miroirs pour se peindre de profil. Mélik est encore assez jeune, sans doute dans les années 50. On se prend alors à rêver que ce dessin émanerait de Consuelo de Saint Exupéry que Mélik a beaucoup fréquentée au début des années 50 : la femme de l'écrivain était peintre et bonne dessinatrice...

Mélik et les portraits : peintures

Il est difficile, dans une oeuvre où domine la fantasmagorie et dans laquelle le souci de la réalité n'est pas une priorité, de distinguer la part de l'autoportrait de celle du simple portrait. Certains tableaux sont donnés comme des autoportraits de Mélik plus par analogie morphologique que par la validité d'un témoignage émanant de l'artiste lui-même.
On connaît cet autoportrait de Mélik figurant sur la fresque centrale de la chapelle du château de Cabriès. Mélik s'y est représenté entouré d'ami(e)s tandis que sur les parois latérales sont figurés enfer et paradis. C'est pour Mélik une période de plénitude, largement suggérée par l'air débonnaire du personnage central.
Ce dernier autoportrait est particulièrement troublant. On y voit apparaître le peintre, le visage comme effaré par un spectacle qui nous échappe : peut-être sa cheminée, dont les flammes sont clairement représentées dans la partie inférieure du tableau. Troublante prémonition, lorsqu'on sait que Mélik mourut brûlé dans sa cheminée...

Mélik et les portraits : photos

Quelques photos d'Edgar Mélik. Des portraits réalisés par des amis ou des professionnels (Henry Ely, pour la dernière). Rien qui puisse laisser deviner l'artiste bougon que beaucoup décrivent... Pour voir d'autres images du peintre, aller sur le site du musée.
(Mélik en 1920)

vendredi 18 janvier 2013

Exposition Florence Laude

Suivez les expositions des artistes adhérents à l'Association : Florence Laude à la galerie Alain Paire, Aix en Provence, du 22 au 26 janvier 2013.

jeudi 10 janvier 2013

Musée Mélik : programme 2013

PROGRAMME 2013 DU MUSEE MELIK Chasse aux 13' Or Samedi 9 mars à partir de 14h, trouvez le « trésor » d'Edgar Mélik, parcours familial à la découverte du patrimoine de Cabriès-Calas, depuis le Musée en passant par les abris sous roches (néolithique) de la colline de saint Martin et Calas. Au musée Edgar Mélik, venez retirer le carnet de route et prendre connaissance de l’itinéraire, répondre aux questions, déchiffrer les énigmes... . Vos photos et esquisses seront exposées. Le samedi 25 mai en avant première Jean Baptiste Gaubert dans l’ancien réservoir d’eau du château fort de Cabriès, réalisera une performance de musique et de peinture. C’est dans cet espace que le plasticien réalisera une performance unique au niveau du son et une peinture, grand format inspirée par le lieu. Puis, à la mémoire des impressionnistes, un « déjeuner sur l’herbe » aux couleurs d’un art de vivre à la campagne sous le soleil de Provence prolongera cette performance. Une exposition vidéo, exposition de photos de la performance et du « déjeuner sur l’herbe » la toile réalisée pour l’événement dans son environnement de création et une installation sonore in situ composeront la pièce « Réservoir Rock » qui sera présentée jusqu'au 30 septembre. Edgar Mélik * Rouben Mélik "Entre Orient et Occident" Du 1er juin au 15 novembre 2013 Edgar Mélik (1904-1976) sculpteur de peinture, Rouben Mélik tisserand des vers, Edith Piaf d'origine italo-marocaine à travers une centaine de peintures et de dessins. De manuscrits, documents, objets. De correspondances échangées au XXe siècle entre Edgar Mélik, Rouben Mélik, Paul Eluard, Louis Aragon, René Char… des sculptures d’Ella Mélik. Edgar Mélik partage les plaisirs de peindre dans les académies de Montparnasse avant de rejoindre Malaga et de s’embarquer pour Tanger où sur les pas de Delacroix il peint dès 1929 des scènes plombées de lumière. En 1930, il débarque à Marseille et se fixe dans un petit atelier près de la plage des Catalans. Il se joint aux tètes pensantes des "Cahiers du sud" et du «Rideau Gris » animé par les frères Roussin, Jean Ballard et Louis Ducreux qui réquisitionnent l’entrepôt paternel de la société Picon pour y faire se lever la troupe de théâtre du "Rideau Gris". En 1934, en compagnie de l’académicien André Roussin, le peintre découvre le château de Cabriès dont il va acquérir au rythme de ses rentrées d’argent l‘aile nord. C’est dans la solitude de la séculaire demeure ouverte sur le massif de Sainte-Victoire et le mont Ventoux, qu’Edgar Mélik va jusqu’à sa disparition en 1976 opposer sa vision connue à celle qui relève de sa vie profonde. Des thèmes plombés de lumière des années 1930, il passe à l’utilisation du blanc à partir des années 1940. Après la deuxième guerre mondiale qui a une influence décisive sur chaque artiste et l’œuvre d’Edgar Mélik, les couleurs primaires jaillissent en pleine pâte, sculptent la matière, se confrontant au fauvisme par le jaillissement des couleurs pures, à l’expressionnisme par l’intensité de l’expression au surréalisme avec des images surgies du tréfonds de lui même. Rouben Mélik ( 1921-2007) aux côtés d’ Ella compagne de toute une vie, s’engage pour les grandes causes humaines échangeant des poèmes comme on échange des mots de passe avec Eluard, Aragon, Desnos, René Char… Dans la poésie, le poète trouve l’expression de la Résistance, coupant les vers, quittant les alexandrins, fractionnant les mots de telle sorte qu‘ils suivent le souffle de sa voix. Lauréat du prix Apollinaire en 1948, du prix de poésie de l'Académie Française en 1967, du prix de la ville de Paris en 2006 pour l’ensemble de son œuvre et son action dans la Résistance. Membre de l’Union Internationale des Critiques littéraire Rouben Mélik mène à Paris son activité professionnelle et son aide aux écrivains comme directeur littéraire des Editeurs Français réunis et chroniqueur littéraire à France Culture. Il écrit notamment l’Anthologie de la poésie arménienne qui parait sous sa direction en 1973 et participe activement à la vie de la communauté arménienne. Fréquemment, il se rend dans la région de Marseille où résident ses amis d'enfance et son cousin Edgar Mélik qui illustre en 1945 son recueil « Madame Lorelei ». En cette année 2013 voici donc réunis deux œuvres empreintes d’une « humanité tragique » qui bénéficient d’une double influence française et arménienne rigoureusement attachée au plus pur français mais aussi partagée par des rêves et des réalités qui remontent aux lointaines berceuses chantées dans une langue aux sonorités captivantes. Un héritage culturel éclaboussé des lumières du patriarche Edgar Mélik « prince en Persan » orfèvre à Téhéran anobli par le Shah Naser el Din, grand père du peintre et du poète. Du 1er juin au 15 novembre dans le cadre de l‘exposition « entre Orient et Occident » le musée débordera dans le « Parc Mélik » et entre nature et expressions plastiques: bouquets de lumière de Pierre Surtel, totem d’Alain Peynichou, hommage au végétal de Pierre Cappuccio, le milieu aquatique de Fyan, arbre corail de Jasione. Samedi 1er juin 18h Lavach’ musique et poésie en l’église romane de Cabriès Sévane Stépanian, chant, karkabous; Claude Barbos, Diseur; François Roche-Juarez; guitare, Frédéric Birau; Malisewski, batterie; Adrien Rodrigue, violon, explorent une grande variété d’atmosphères, danses et chants arméniens, sonate pour violon seul… AUTOUR DE L’EXPOSITION Octobre - novembre Ateliers philo: Avant d’entamer le débat, un court texte d’introduction sera proposé « Lettre aux gens » d’Edgar Mélik et quelques pistes de réflexion, sans en interdire d’autres. Conférence : Lecture de Jean Arrouye, professeur de l’Université d’Aix-en-Provence Edgar Mélik « Une certaine très certaine Edith Piaf », Rouben Mélik « Madame Lorelei ». Conférence-lecture : Olivier Arnaud « Ecriture à Cabriès: Edgar Mélik et Hubert Juin en 1953 ». Lecture poétique : Dominique Larrieu « Rouben Mélik, tisserand des vers ».